Colloque

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Les 3 & 4 octobre 2014

La Maison de la Chimie

Les cinq Voix Européennes et un Ténor Américain

Le changement en thérapie familiale : Création poétique ou acte de pouvoir ?

Ce colloque est une rencontre de grands noms de la thérapie familiale européenne et américaine. C’est également l’occasion de retrouvailles pour ces amis de longue date, qui se réunissent chaque année dans un des pays hôtes des thérapeutes. Jusqu’alors cinq depuis deux ans, ils accueillent également une sixième voix, celle de l’américain Carlos Sluzki. Avec la participation d’E. Goldebeter, J. L. Linares, L. Onnis, E. Romano, C. Sluzki et L. Onnis. Ils ont publié un ouvrage collectif « La thérapie familiale » en Europe, publié chez de Boek en 2010.

Edith Goldbeter-Mérinfeld est docteur en psychologie et psychothérapeute familiale systémique. Maître de conférence à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et chargée d’enseignement à l’Université de Paris VIIII et à l’Université du Sud, Toulon-Var. Elle est directrice de formation à l’Institut d’Études de la Famille et des Systèmes Humains de Bruxelles. Membre fondatrice de l’Association Européenne de Thérapie Familiale (EFTA), elle est également Rédactrice en chef des Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux publiés chez De Boeck où elle dirige également la collection Carrefour des psychothérapies. Elle a publié Le deuil impossible: familles et tiers pesants (avec Mony Elkaim, 1999), Réinventer la psychothérapie: l’école de Mara Selvin-Palazzoli (avec Matteo Selvini, Mony Elkaim et Dominique Wathelet, 2008), et Des abus et autres maltraitances : La maltraitance familiale, entre thérapie et contrôle (avec Juan Linares et Felipe Barros Solana, 2008).

Juan Linarès est Professeur à l’Université Autonome de Barcelone. Thérapeute et pédagogue brillant, il dirige l’Unité de psychothérapie et l’École de thérapie familiale de l’Hôpital universitaire de la Santa Creu i Sant Pau de Barcelone. Ancien président de l’Association espagnole de thérapie familiale et de l’EFTA (European Family Therapy Association), il est l’auteur de Des abus et autres maltraitances : La maltraitance familiale, entre thérapie et contrôle (avec Edith Goldbeter-Merinfeld et Felipe Barros Solana, 2008), Psychothérapie des états dépressifs (avec Carmen Campo, 2002).

Luigi Onnis est neuropsychiatre et psychothérapeute familial. Il est professeur de psychiatrie à l’Université La Sapienza de Rome et coordonne le groupe de recherche sur les Maladies Psychosomatiques dans le Département des Sciences Psychiatriques et de Médecine Psychologique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages: Les langages du corps : La révolution systémique en psychosomatique (1999), Asthme et enfant : apports de la thérapie familiale (avec Michèle Laurent, 2009), son dernier livre est Anorexie et boulimie, le temps suspendu; individu, famille et société (2013).

Elida Romano est psychologue clinicienne et thérapeute familiale. Membre fondateur bien connue de l’APRTF, mais aussi de l’EFTA, elle a contribué au développement de l’Unité de Thérapie Familiale d’Aubervilliers et elle supervise de nombreuses équipes de thérapie familiale en France. Elle a participé à l’ouvrage collectif La famille adolescente de l’Aprtf en 2006.

Carlos Sluzki est psychiatre, psychanalyste, thérapeute familial américain d’origine argentine.Il a travaillé au MRI à Palo Alto, dont il a aussi été le directeur. Professeur de psychiatrie à l’Univeristé de Californie Los Angeles, à l’Université du Massachussets et à l’Université George Washington, il a également été Professeur en santé globale et communautaire ainsi qu’en analyse des conflits et résolution à l’Université George Mason. Il a été responsable éditorial des revues Acta Psiquiatrica y Psicologica de America Latina, Family Process, and the American Journal of Orthopsychiatry.

Marco Vannotti s’est intéressé à la psychiatrie et à la psychothérapie d’inspiration systémique après avoir exercé la médecine interne. Cette expérience l’a porté à s’occuper des répercussions des maladies graves et chroniques sur les malades et leurs familles. Il enseigne actuellement à l’Université de Neuchâtel (Suisse) et, dans la même ville, comme formateur au CERFASY. A Milan il collabore étroitement avec la formation de l’école de Psychothérapie Mara Selvini Palazzoli. Il a publié Le silence comme un cri a l’envers- maltraitances et abus sexuels envers les enfants (1992), Le métier de médecin : Entre utopie et désenchantement (avec Denis Müller, 2006), Les humiliations de l’exil : Les pathologies de la honte chez les enfants migrants (avec Claude Mesmin, Francine Rosenbaum, 2010).

Ce colloque sera pour eux six l’occasion de confronter leurs points de vue à travers des conférences qui seront commentées à tour de rôle par chacun d’entre eux.

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Programme des deux journées

VENDREDI 3 OCTOBRE

9:15 / Présentation du Colloque par Elida Romano.

9:30 / Juan Luis LINARES (Barcelone)
« Ni poésie, ni politique : Thérapie »
La thérapie familiale doit énormément à ses fondateurs, des personnes aux profils variés ayant su apporter de l’air frais, de grande culture et ouverture d’esprit.
Mais les temps changent et, avec eux, l’environnement. La polémique historique entre Bateson et Haley relative au pouvoir, se doit d’être dépassée. Nous systémiciens ne pouvons être ni des poètes ni des « politiciens » (bien que nous aimions la poésie et exercions des fonctions politiques) mais sommes absolument tenus d’être des thérapeutes.
Modérateur : Noël Pommepuy.

10:45 / Pause

11:15 / Edith GOLDBETER (Bruxelles)
« Le pouvoir de la poésie comme facteur de changement « 
Devant la souffrance et le mal-être des familles que nous rencontrons dans notre pratique, nous risquons parfois de nous laisser aller à partager avec elles le sentiment que la réalité est pesante, figée et immuable…puisque réelle !
S’évader ensemble en nous appuyant sur la création poétique qui transcende le présent nous aide pourtant à changer de monde. La difficulté est d’être ouvert aux dimensions poétiques de la famille et à celles que nous pouvons dégager dans notre propre histoire familiale. Si nous y sommes sensibles, elles pourraient contribuer, grâce à leur pouvoir au changement…
Modérateur : Noël Pommepuy.

14:00 / Marco VANNOTTI (Neufchâtel)
“Qui change en thérapie ? Emerveillement poétique et réflexion sur le sens du changement”
Nous avons, à travers l’action thérapeutique, à favoriser un changement. Mais de qui ? Une relation thérapeutique conduit, avec le temps, à une modification significative de tous les sujets en présence et, par conséquent, des thérapeutes eux-mêmes. C’est par la rencontre, par l’infini émerveillement suscité par la présence à soi et à l’autre que thérapeutes et clients co-construisent une expérience partagée et poétique à vertu transformative. Qui décide du sens, de la direction du changement ? Nous avons à développer un regard critique à l’égard des tendances dominantes qui façonnent nos manières de faire, d’être en thérapie, de penser le changement..
Modérateur : Laurent Lethiais.

15:15 / Pause

15:45 / Luigi ONNIS (Roma)
“La relation thérapeutique comme facteur de changement : entre éthique et esthétique”
Le changement en thérapie n’est jamais le résultat d’un acte de pouvoir du thérapeute vers le patient ou la famille, mais plutôt le résultat d’une relation “dialogique” entre le thérapeute et le système en traitement. Dans ce dialogue, au delà des techniques utilisées, c’est la découverte réciproque des ressources créatives qui devient la facteur plus important pour le changement. Et cette créativité, favorisée par certains langages, peut ouvrir le champ thérapeutique à des productions partagées qui ont d’une façon souvent surprenante, une valeur poétique et esthétique. Mais la surprise et le plaisir de cette dimension esthétique ne doivent pas être séparés de la finalité éthique de la thérapie.
Modérateur : Laurent Lethiais.

17:00 / Echanges avec la salle

17:30 / Fin de la 1ère journée

 

SAMEDI 4 OCTOBRE

9:00 / Elida ROMANO & Jean Clair BOULEY (Paris)
“Intensité poétique des moments d’émotion partagée”
Au cœur des conversations thérapeutiques émergent des moments intenses de synchronisation émotionnelle. Ces jaillissements, souvent inattendus, ont “un effet effervescent “ qui transforme la narration familiale.
En facilitant le surgissement de ces moments intenses la rencontre thérapeutique bouleverse l’agencement habituel des mots de la famille et réorganise les représentations.
Paradoxalement ces moments de partage produisent une appropriation individualisée des contenus émotionnels.
Modérateur : Jean Desmarquet.

10:15 / Pause

10:45 / Carlos SLUZKI (Washington)
“L’effet hypnotique de la dimension poétique dans le langage thérapeutique”
Le métier de thérapeute peut être enseigné seulement jusqu’à un certain point. Il est possible d’enseigner et d’apprendre les modèles généraux (par exemple le modèle structurel), les techniques spécifiques (par exemple les demandes circulaires ou l’externalisation), les champs d’études à explorer (par exemple les deuils non élaborés, la famille d’origine) etc.
Mais, il y une autre chose qui ne peut être transmise : c’est la façon dont surgit la parole durant la séance de manière à déstabiliser l’histoire officielle et susciter chez les patients un état de conscience modifié qui puisse faciliter la construction thérapeutique de réalités alternatives. Ceci ne peut être enseigné car chacun d’entre nous est poète à sa manière.
Modérateur : Jean Desmarquet.

12:00 / Echanges avec la salle.

13:00 / Conclusion du colloque par Patrick Chaltiel.

APRTF

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